D'ar Merc'her unnek a viz Du 2015

Demat d'an holl,

Refonte de l'article intialement paru le 2 septembre 2013.

A mon grand regret, je n'ai jamais pu entrer en contact avec Jacqueline Queffelec.

Jacqueline est décédée le 30 avril dernier à Paris.

 

Commentaire d'un lecteur en date du 12 novembre 2015:

Bonjour Monsieur,

Je suis chorégraphe et dirige une compagnie à Biarritz. (Malandain Ballet Biarritz) Je suis également passionné par l’histoire de la danse, c’est pourquoi je connaissais le nom de Jacques Baril qui a écrit plusieurs ouvrages dont Le Dictionnaire de la Danse, Seuil, Paris, 1964.

Aussi, je suis collectionneur et possède également des photos dédicacées à Volinine. A ce titre, il me faut vous signaler qu’il y a une faute concernant celle dédicacée à « Madame d’Herlange ». Il s’agit en fait de Tamara d’Erlanger qui était l’épouse du baron Théodore Erlanger de Rosen. Pour la petite histoire,  Volinine résidait dans leur hôtel particulier, 132, Avenue de Villiers, dont il occupait le deuxième étage. Eux vivaient au rez-de-chaussée, tandis que le studio de danse occupait le 1er étage. C’est sans doute là, que Jacqueline Queffelec travailla avec Volinine.

Parce que Volinine séjourna à Biarritz et que dans le journal de ma compagnie, je consacre des articles aux personnalités chorégraphiques passées par Biarritz,  j’ai déjà écrit sur lui, alors voici le passage concernant Tamara d’Erlanger :

« En 1925, au sommet de sa gloire, Alexandre Volinine se fixe à Paris et créé au 9, avenue de Montespan, l’Académie d’Art Chorégraphique que dirige Tamara d’Erlanger. Mère de Nora Kiss qui enseigna à Paris au Studio Wacker, puis à l’Académie Chaptal ; sœur de Rose Sarkissian, plus connue sous le nom de Madame Rousanne qui enseigna elle aussi au Studio Wacker, Tamara d’Erlanger, femme d’une grande beauté avait débuté comme actrice. D’abord mariée à un officier de l’Armée du Tsar, elle avait rencontré à Moscou et épousé, le baron Théodore Erlanger de Rosen. Un musicologue français dont le frère prénommé Max se fit connaître comme photographe de spectacles. Le couple s’établit à Londres, puis à Paris au 132, avenue de Villiers. C’est dans cet  hôtel particulier où il va également résider que Volinine transmettra son art à partir de 1937. »

Je vous souhaite une bonne journée. Cordialement, Thierry Malandain

 

Alexander Volinine, cliché Bassano vers 1912:

Alexander Volinine cliché Bassano vers 1912

 

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Plan de l'article:

1) Lignée patri-linéaire de Jacqueline

2) Participations de Jacqueline aux représentations de l'Opéra-Comique et Opéra de Paris

3) Photographies issues du Fonds Jacques Baril

4) Filmographie

5) Ballerina

6) Voeux à Charles Chézeau

7) Extraits de presse

8) Etat-civil

9) Eloge de Georges Cerbonnet époux de Jacqueline Queffelec

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1) Lignée patri-linéaire de Jacqueline :

Légende: ° = naissance, x = mariage, + = décès

 

Jacqueline Queffelec x Georges CERBONNET (° 22/10/1922 à Clichy La Garenne, x --/--/1949, + 30/4/2015 à Paris 16ème, lui chirurgien, elle danseuse professionnelle) d'où 1 enfant, fille de:

Pierre Jean Queffelec x Louise Marie GESTIN (°4/7/1893 à Treogat, x 8/6/1918 à Quimper, + 30/3/1971 à Paris 12ème, tailleur rue Pigalle à Paris) d'où 2 enfants, fils de:

Jean Marie Le Queffelec x Anne MORVAN (° 3/3/1862 à Ploneour K/guion, x 13/11/1884 à Peumerit, + 19/5/1930 à Quimper, cordonnier, charon, menuisier) d'où 11 enfants, fils de:

Jean Corentin Le Queffelec x Anne LE GARO (°9/7/1820 à Treguennec K/vaillant, x 14/1/1850 à Ploneour Lanvern, + 14/11/1872 à Ploneour), d'où 7 enfants, fils de:

Corentin Le Queffelec x Marie Jeanne JACQ (°28/8/1792 à Treguennec, x 25/11/1817 à Ploneour, + 7/3/1847 à Treguennec Cosquer), d'où 10 enfants, fils de:

Guillaume Le Queffelec x Jeanne LE PAILLARD (°25/10/1759 à Treguennec K/villic, x 10/10/1785 à Treguennec, + 5/2/1812 à Treguennec K/vaillant), d'où 4 enfants, fils de:

René Le Queffelec x Marie KERFIEST (° 20/11/1730 à Plovan, x 26/9/1758 à Treguennec, + 1/10/1779 à Treguennec Treffry), d'où 10 enfants, fils de:

François Le Queffelec x Marguerite LE REST (° #1700, x 26/9/1729 à Plovan, + 1/10/1739 à Plovan) d'où 4 enfants, fils de:

René Le Queffelec x Marie CLORENNEC (° #1675 Plovan, x # 1700 Plovan, + ? Plovan) d'où 6 enfants

? x ?

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2) Participations de Jacqueline aux représentations de l'Opéra-Comique et Opéra de Paris:

 

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Quelques participations de Jacqueline Queffelec, recensées parmi tous les ouvrages chorégraphiques entrés au répertoire de l’Opéra-Comique entre le 13 janvier 1898 et le 1er juillet 1953, et ceux ayant été représentés à l’Opéra de Paris entre le 08 janvier 1875 et le 31 décembre 1961.

Il semble donc qu'elle ait dansé jusqu'en 1951 au moins et à L' Opéra Comique.

CHANSON DU MAL AIMÉ (LA) Poème chorégraphique en 3 parties (Londres — les Épées — Paris) d'après Guillaume Apollinaire. — Musique d’Elsa BARRAINE. Créé à l'Opéra-Comique le 12 janvier 1951.

Décors et costumes d'après les maquettes de Mme Galliard-Risler. Argument et Chorégraphie de Jean-Jacques ETCHEVERY.

Mlles Geneviève KERGRIST, Josette AMIEL, Régine OHANN, Jacqueline QUEFFELEC.

MM. Paul GOUBÉ (le Poète), Serge REYNALD, Maurice RICHE, Lucien MARS, Alain COUTURIER, Jean-Claude DOTTI, Jacques CHAZOT, Max JENOC.

Chef d'orchestre : Richard BLAREAU.

IMAGES Divertissement chorégraphique en un acte — Musique de Gabriel PIERNÉ Créé à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier), le 21 juin 1935. — Décor d'André Hellé. — Chorégraphie de Léo STAATS.

Mlles QUEFFELEC (Colombine), LAFON (Pierrot), VAUSSARD (Mme Polichinelle), KREMPF (M. Polichinelle), VANEL (un Pantin blanc), BUFFERTRILLE (la Négresse), STEELE (Horse Grand), SAINT-PIERRE (une Girl), KRAINIK (un Ecossais).

Chef d'orchestre : Paul PARAY. 10 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

BOÎTE À JOUJOUX (LA) Ballet pour enfants d’André Hellé — Musique de Claude DEBUSSY Créé au Théâtre Lyrique du Vaudeville, le 20 décembre 1919, dans une Chorégraphie de Mme MARIQUITA avec Mlles SAKHY (la Poupée), GINEVA (le Soldat), MONCEY (Arlequin), RICCI (le Pierrot), et M. Robert QUINAULT (Polichinelle) sous la direction de D.-E. INGHELBRECHT.

Première fois à l'Opéra-Comique le 12 novembre 1925. — Décors et costumes d'après les maquettes d’André Hellé. — Chorégraphie de Mme Louise VIRARD.

Mlles Mona PAÏVA (la Poupée), Mariette DE RAUWÉRA (le petit Soldat) GALLET (Arlequin), Simone ROSNE (Pierrot), Henriette ANDRÉ (le Soldat anglais), SAUVEGARDE (le Nègre), Irène COLLIN et Suzanne LANDIER (deux poupées), GOETZ (le Marin), Andrée RAINAL (le Policeman), Olga BUGNY (le Capitaine). M. MARIANNO (Polichinelle). Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

Reprise du 20 novembre 1930 (34e représentation). — Même distribution que ci-dessus, sauf : Mlle Andrée COMTE (la Poupée), M. Robert QUINAULT (Polichinelle) et Élie COHEN au pupitre.

Reprise du 6 juillet 1948 (55e représentation). — Décors et costumes d'après les maquettes de Labisse. — Chorégraphie de Robert QUINAULT.

Mlles Lucienne BERGGREN (la Poupée), Marthe RITZ et Henriette D'ARC (deux poupées), Gilberte ROLLOT (le Policeman), Hélène USTARITZ (le Capitaine), Olga ALEXANDROWICZ (le Pâtre), Paule MORIN (le Berger), Jacqueline QUEFFELEC (le Trompette), Doris JALADIS (la Bergère).

MM. Michel GEVEL (Polichinelle), Maurice RICHE (le Soldat), Oleg SABLINE (le Nègre), Lucien MARS (le Marin), Serge REYNALD (Arlequin), Robert ERNOUX (le Soldat anglais), Jacques CHAZOT (Pierrot).

Chef d'orchestre : Richard BLAREAU. 59 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

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3) Photographies issues du Fonds Jacques Baril:

 

J'ai acheté ces tirages sur le WEB en juillet 2013, depuis l'Ecosse où j'étais en vacances. Ils proviennent d'une vente aux enchères du Fonds Baril qui eut lieu à l'Hôtel Drouot en 2010/2011.

Jacques Baril  (1924-1984):  Professeur d'histoire de la danse, de sociologie et de droit des artistes à l'Ecole supérieure d'études chorégraphiques (en 1956).

 

Dédicace à Volinine datée 11 août 1941:

Jacqueline Queffelec eut pour maître Alexandre Volinine (° Moscou 17/9/1882, + Paris 3/7/1965)

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Dédicace à Volinine datée du 9 juillet 1942:

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Dédicace à Madame Tamara d'Erlanger datée du 9 juillet 1942:

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4) Filmographie "La Mort du Cygne":

 

Film réalisé par : Jean Benoit-Lévy  Marie Epstein
Produit par : Arthur Mayer  Joseph Burstyn  Cinatlantica Films 
Genre : Fiction
Durée : 01:40:00
Année : 1937
Date de sortie en salle : 25/11/37
Pays : France

Auteur adapté Littérature : Paul Morand
Œuvre adaptée titre français : Mort du cygne (la)
Titre secondaire : Ballerina

La mort du cygne affiche

 

 

 

La fiche de Monsieur Cinéma ci-après montre une comédie dramatique "la mort du cygne" datant de 1937 dans laquelle Jacqueline Queffelec joue le rôle de "Coco Battut":

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5) Ballerina:

Ballerina (1937) was based on the novella La mort du cygne by Paul Morand. It tells the story of a 12-year-old dancer (played by Jeanine Charrat) who, fearing her idol will be replaced by a rival dancer, takes matters into her own hands with tragic results.

The film was directed by Jean Benoît-Lévy, who adapted the novella with Marie Epstein. Starring in Ballerina with Charrat was Yvette Chauviré and Mia Slavenska, who was the prima ballerina with the Zagreb Opera. She had come to France to study ballet with Lubov Egorova and Olga Preobrajenska and danced with Ballets Russe star Serge Lifar in David triomphant that same year. Lifar would serve as choreographer on Ballerina along with Léone Mail.

Benoît-Lévy, who shot the film at the Joinville Studios outside of Paris, where he meticulously recreated the Palais Garnier, later wrote in his book, The Motion Picture, "My film Ballerina originated in an idea which had obsessed me for some time. Indeed, I am convinced that love for his work is the most solid foundation of man's happiness, the element most calculated to instill in him a love for life. I found this practice in that glorious and ephemeral art known as the Dance. This gave me the two basic elements - the idea and the environment - and I was fortunate enough to find a point of departure for the dramatic construction in a novel by Paul Morand. But in order to build up the story and people it with flesh-and-blood characters, we were obliged to study the real environment. For this purpose, we spent a few months living at the Paris Opèra, this temple of dance, this academy, this training school. Like every theater, the Opèra has two sides to it: one made of velvet and gold, magic and pleasure, the other of dust and painted canvas, reality and work and self-sacrifice. It was the latter side we wanted to portray, and to do so we had to live among real people and breathe the same backstage air that they breathed. Accordingly, we set to and took a hand in everything that went on, in the prompter's box and in the highest flies, in classes and rehearsal rooms; we shared in their joys and in their labors; by following the creative artists and performers of the dancing school and the Corps de Ballet in their daily tasks, we got to love the ballet and all the people in it. By observing the thousand and one details of their daily life, we were able to write our scenario and bring it to life through the veracity of the details we had noted down from day to day....When the final day of shooting for Ballerina arrived, three or four of our most sensitive young ballet students began to snivel at the thought of the good-bys they would have to say that evening. Before long, we were obliged to give up trying to shoot a supposedly gay sequence with some sixty little girls who had all given way to tears." These children would help contribute to the film in another way. The scene in which a seven-year-old girl refuses to go onstage because she was frightened of the Devil costume was based on an actual occurrence at the Paris Opèra.

Ballerina was released in France on November 25, 1937, and became a box-office hit, winning "le Grand Prix du Cinèma francais." It was remade in 1947 as The Unfinished Dance, starring Margaret O'Brien in Charrat's role.

ra Ballet and years later, the director. She was awarded the Légion d'Honneur. Charrat also became a ballet star and choreographer. In 1961, she overcame horrific burns suffered during a performance and was back dancing after less than two years.

In 1998, Jeanine Charrat and Yvette Chauviré were reunited onstage at the French Institute in New York, for a panel discussion with Mia Slavenska joining them via telephone from Los Angeles, where she was still teaching ballet until her death in 2002.

Director: Jean Benoît-Lévy
Screenplay: Jean Benoît-Lévy, Marie Epstein (screenplay and dialogue); Paul Morand (novella)
Cinematography: L.H. Burel, Henri Tiquet
Music: Claude Delvincourt, J.E. Szyfer
Cast: Yvette Chauviré (Melle Beaupre), Mia Slavenska (Nathalie Karine), Jeanine Charrat (Rose Souris), Mady Berry (Célestine), France-Ellys (Madame Souris), Suzanne Guémard (L'Inspectrice), Mauricette Cebron (Le Maîtresse de danse), Claire Gérard (Madame Bijou), Jacqueline Quéffelec (Coc Battut), Micheline Boudet (Clara Bijou).
BW-84m.

by Lorraine LoBianco

SOURCES:
Benoît-Lévy , Jean The Art of the Motion Picture
Burrus, XX Paul Morand, Voyageur de XX Siecle"
Kisselgoff, Anna "Critic's Choice/Film; Ballerina Gone Bad: Unsought Swan Song" The New York Times 20 Nov 98
Millard, Gadant, Dictionary of Modern Ballet
Thibault, Bruno "Paul Morand 13 March 1888 - 23 July 1976" Dictionary of Literary Biography
Ulrich, Allan "'Ballerina' French to the Corps" San Francisco Examiner 21 Apr 00
Vincendeau , Ginette Encyclopedia of European Cinema

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6) Voeux à Charles Chézeau: 

Voeux de nouvel an adressés par Jacqueline Queffelec de l’Opéra en 1955 à Charles Chézeau durant son hospitalisation à l’hôpital.

Fonds Charles Chézeau, secrétaire général du syndicat général des travailleurs de l’industrie du film de 1945 à 1951

Secrétaire général de la Fédération nationale du spectacle de 1951 à 1955

Archives déposées par Monsieur Patrick Rayer 1939-1955

Côte 222 J 5

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7) Extraits de presse:

 

 

1935 le 23 juin Comoedia_1

 

1935 le 23 juin Comoedia_2

 

 

1935 le 23 juin Le Matin_1

 

1935 le 23 juin Le Matin_2

 

1935 le 23 juin Le Matin_3

 

 

 

1935 le 27 mai Comoedia_1

1935 le 27 mai Comoedia_2

1935 le 27 mai Comoedia_3

 

 

1937 le 3 décembre L'Homme libre_1

1937 le 3 décembre L'Homme libre_2

 

 

1937 le 3 décembre L'Homme libre_3

 

 

1937 le 27 novembre Le Matin_1

1937 le 27 novembre Le Matin_2

1937 le 27 novembre Le Matin_3

 

 

1938 le 5 mars La voix du combattant_1

 

1938 le 5 mars La voix du combattant_2

 

1940 le 11 décembre Paris-Soir_1

1940 le 11 décembre Paris-Soir_2

1940 le 11 décembre Paris-Soir_3

1940 le 11 décembre Paris-Soir_4

 

 

 

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8) Etat-civil :

Actes de naissance et décès à Toulon (Var) du frère ainé de Jacqueline, Pierre Alexandre Queffelec:

 

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9) Eloge de Georges Cerbonnet époux de Jacqueline Queffelec:

In Annales de chirurgie  Volume 126, n° 6, pages 582-584 (juillet 2001):

 

 

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Le 3 juin de l'an 2000, Georges Cerbonnet, avec un stoïcisme digne de l'antique, parvenait au terme d'une affection qui avait accompagné le dernier tiers de son existence. Avec lui, disparaissait l'homme qui selon la juste formule de François Dubois, était tout à la fois la conscience et la mémoire de notre compagnie.

Mon premier souvenir en pensant à lui me reporte 50 ans en arrière, lors de mon arrivée à Paris, pour la préparation du concours de l'externat, dans la salle de garde de la Salpêtrière qui lui tenait lieu de salle de conférence. En dépit de son abord froid, distant, peu démonstratif, très vite il séduisait par son sens pédagogique, son étonnante connaissance de l'anatomie entièrement puisée dans le Rouvière qui lui permettait de dicter sans aucune note des questions de six minutes d'une concision parfaite, son sens de la rigueur enfin, qui faisait redouter ses critiques pour peu qu'il laisse libre cours à son esprit caustique volontiers alimenté de formules imagées. À l'évocation du souvenir de ce premier contact avec la médecine parisienne, je réalise aujourd'hui combien il avait su surmonter ce qu'il appellera « la difficulté jamais résolue de ce qu'il faut de dressage primaire dans l'enseignement supérieur » [1]. Et cette excellence pédagogique, je devais la retrouver bien des années plus tard, pour l'entraînement clinique aux épreuves de malades comme pour la préparation de la leçon d'agrégation.

Rien dans son milieu familial ne prédisposait Georges Cerbonnet à une carrière médicale. Né à Clichy-la-Garenne d'un père imprimeur-artisan, l'atmosphère familiale inclinait plutôt au goût des lettres et à l'amour de la chose imprimée. Remarqué par un instituteur qui poussa son père à l'inscrire au lycée, Georges Cerbonnet conclut de brillantes études littéraires menées au lycée Voltaire sur une note originale puisque sitôt la 1re partie du baccalauréat en poche, il assimila seul durant les vacances le programme du baccalauréat de philosophie, examen qu'il obtiendra au mois de septembre comme candidat libre. Il démontrait à cette occasion une capacité d'autoapprentissage dont il donnera par la suite plusieurs exemples.

Attiré par la médecine depuis son plus jeune âge, il se lance dans les études médicales avec en point de mire la chirurgie. Nommé interne en 1946, il fait un internat de chirurgie générale qu'il termine chez Henri Mondor. Ce dernier le remarque, le nomme assistant du Centre des tumeurs de la Salpêtrière où il se perfectionne en cancérologie gynécologique. Il deviendra ensuite l'assistant de Jacques Huguier qu'il accompagnera jusqu'à la clinique gynécologique de l'hôpital Broca. Nommé chef de service à l'hôpital Rothschild en 1970, il sera, à partir de 1978, le dernier professeur de la clinique chirurgicale de l'Hôtel-Dieu, poste qu'il occupera dix ans. Il y laissera le souvenir d'un remarquable clinicien, d'un opérateur très consciencieux, respectueux de l'intérêt de chaque malade, aimé de son personnel nonobstant une faculté d'abstraction qui ne facilitait pas toujours le contact, et témoignera d'une grande fidélité pour ses élèves.

Parallèlement à sa carrière de clinicien, Georges Cerbonnet eut de nombreuses activités syndicales et académiques. Membre du bureau du Syndicat des assistants des hôpitaux, il fit partie du « Comité Debré » créé sous l'égide de l'éducation nationale pour réfléchir à l'élaboration de la réforme hospitalo-universitaire. Cette fonction l'amena à s'intéresser à tout ce qui était d'ordre réglementaire et juridique dans le domaine de la santé. Perfectionniste, il s'imposa d'acquérir à cette occasion une solide culture juridique qui, jointe à une remarquable dialectique, en fit vite un acteur essentiel des réunions syndicales professionnelles et un interlocuteur parfois redouté des autorités administratives.

À la suite des événements de Mai 68, il fut avec Paul Castaigne le principal rédacteur des statuts de la toute jeune faculté de la Pitié-Salpêtrière. Homme d'ordre, profondément marqué dans sa jeunesse par les soubresauts politiques de l'avant guerre que son père épris d'idées de progrès, suivait avec passion, il vécut douloureusement le désordre universitaire et la remise en cause d'un système hiérarchique auquel il demeura toute sa vie attaché. Il rejoignit alors le groupe d'enseignants réunis autour de Pierre Canlorbe, appelé à devenir la section médicale du Syndicat autonome dont il sera longtemps un membre influent.

À la même époque, il fut élu au Conseil départemental de Paris de l'Ordre des médecins où il siégea 12 ans et à partir de 1973, fit partie pendant six ans du Conseil national, alors présidé par Jean-Louis Lortat-Jacob. Il y laissa le souvenir d'un brillant orateur, cultivé et curieux des différents problèmes de la profession. En 1975, avec Jean-Louis Lortat-Jacob et Lucien Leger, il participa aux premières assises de l'Ordre des médecins qui représentèrent la première tentative de modernisation de cette institution.

La reconnaissance par ses pairs de sa culture en matière administrative et juridique se traduisit par son élection à la Commission médicale consultative des hôpitaux de Paris où il siégera de 1970 à 1979. Il en assurera durant sept ans la présidence avec une autorité incontestée. Et, fait unique dans les annales de cette institution, il démissionna de la présidence pour protester contre une nomination professorale d'origine politique qu'il se refusait à cautionner, geste spectaculaire qui donnait la mesure de son honnêteté foncière comme de son caractère.

Mais on ne peut en ce lieu évoquer sa mémoire sans rappeler qu'il fut le premier membre de notre compagnie (et l'on peut affirmer qu'il en restera l'unique), à assumer à partir de 1985 deux mandats consécutifs de secrétaire général qui, dans nos anciens statuts, étaient de cinq ans. Pour qui connaît les astreintes de cette charge, qu'il remplissait avec une vigilance scrupuleuse en dépit de ses ennuis de santé, on mesure l'attachement qui l'unissait à cette académie qui avait compté dans ses rangs tant de noms illustres de la chirurgie. Il portait d'ailleurs un soin particulier à la rédaction des éloges prononcés lors de nos séances solennelles annuelles, considérant a-t-il écrit que « c'est aussi l'une des façons de servir la chirurgie que de traiter de son histoire et d'essayer de protéger de l'oubli les grands de ce métier » [2]. À la relecture de ces textes auxquels il convient d'ajouter des écrits sur Henri Mondor, dont il avait hérité de la bibliothèque, et dont en fidèle disciple, il aimait perpétuer le souvenir, on ne peut qu'être frappé par le travail d'érudition qu'ils supposent, la pénétration psychologique des personnages, le souci extrême du détail, l'esprit de nuance servi par un style original qu'il maniait avec dextérité.

Mais si la vie professionnelle sous toutes ses facettes accaparait Georges Cerbonnet, elle ne résumait pas, tant s'en faut, ses pôles d'intérêt. À son attirance pour la littérature et la philosophie, il adjoignait un sens artistique très développé. De l'étude du violon durant sa jeunesse, il avait gardé le goût de la musique classique et éprouvait de l'attirance pour la fonction de chef d'orchestre. Il avait, au contact de son épouse, acquis une culture véritable de danse classique, et lorsqu'il faisait répéter à sa fille ses cours de comédie, il lui donnait la réplique avec un perfectionnisme de professionnel. Et tant que sa santé le lui a permis, il cultivait son jardin à la Fontaine-Chailly en apportant à la taille des rosiers la méthode et le soin qu'il appliquait à toute activité.

De quelque côté que l'on considère la personnalité de Georges Cerbonnet, cet humaniste distingué qui s'était choisi Henri Mondor comme modèle et Alain comme Maître à penser, mérite l'appellation d'intellectuel de la chirurgie.

À Madame Cerbonnet, à sa fille Frédérique de Rémusat, à ses petits enfants, nous présentons l'expression de notre très profonde sympathie.

 

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