25 mai 2014, demat, bonjour,

Cet article pour présenter le livre "le cadran solaire" dans lequel, un élève aspirant queffelec est cité à Vincennes vers 1940.

Plan de l'article:

1) Le livre

2) Biographie de Philippe Lamour

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1) Le livre " Le cadran solaire " 

Ce gros livre (472 pages), publié aux éditions  " Presses du Languedoc ", a obtenu en 1980 le " Prix des Maisons de la Presse ", juste après sa publication. Il a été réédité en 1991.

Le cadran solaire page de garde 2

 

Le cadran solaire page de garde

Chapitre la Fauconnière: Queffelec est cité:

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La Chênaie correspond aux premières années de son existence, à Landrecies (Nord) ; après une première scolarité chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, en Belgique, la première guerre l'installe à Paris où il passe son baccalauréat, avec une dispense d'âge. Puis il poursuit en Faculté de Droit avec l'équipe du professeur Achille Mestre. Sa vie d'étudiant l'amène à rencontrer des politiques de tous bords, à assurer des petits boulots comme figurant, ouvrier, peintre, débardeur aux halles et enfin journaliste.

A vingt ans, il s'inscrit au Barreau de Paris, prête serment " en compagnie d'autres catéchumènes, parmi lesquels un jeune et sympathique tunisien qui s'appelait Habib Bourguiba " (p. 83).

Sa lecture passionnée des oeuvres de Georges Sorel ne l'aide pas dans ses choix politiques. " ... je ne croyais pas à un type de société issu de la seule imagination de l'esprit qui ne soit pas l'expression d'une réalité matérielle et humaine expérimentée. " (p. 95)

Philippe Lamour raconte comment, un après-midi de 1925, dans cette période où il se sentait désorienté, il fait la connaissance du Faisceau, mouvement " fondé sur des malentendus " (p. 96) où il milite pendant deux ans.

 " La Chênaie " se termine sur une note de désarroi. " J'étais déçu, à la fois dans ma vie personnelle et mon activité militante " (p. 101). A cette déception, il trouve remède en séjournant dans la montagne grenobloise où il chasse le chamois et profite d'un retour à la nature.

 La Fauconnière Cette partie de son autobiographie couvre les années 1927 à 1944, jour où " les armées alliées avaient débarqué en Provence ". Durant cette période, Ph. Lamour se lance dans diverses publications ; il écrit " Les entretiens sous la Tour Eiffel ", ils " comparaient les doctrines qui, à l'époque, s'opposaient avec passion, condamnaient l'éthique et l'esthétique de la société bourgeoise et, naturellement, s'en prenaient aux vieux... " Il dirige une collection à la " Renaissance du Livre " qu'il a appelée "  Les Compagnons de la Grand' Route ", une revue " Grand' Route " où paraissent ses articles de critique cinématographique.

Après avoir fait la connaissance de Jeanne Walter, dont il épousera la fille aînée, Ph. Lamour lance, avec elle, la revue "  Plans ", publication d'art.

L'exercice de sa profession d'avocat l'amène à plaider dans différentes cours d'assises ; en 1932 il participa à la révision du procès de Seznec (p. 126/127), et tout à la fois, collabore au journal " L'oeuvre ", défend Henri Hayatte dans l'affaire Stavisky. Pendant ce temps, le danger du nazisme se précise. " L'alerte au danger de guerre ne rencontrait pas d'écho ".

En 1936, il est envoyé par Lucien Voguel, pour "  Le Petit Journal " en Espagne : il doit témoigner de la guerre civile avec André Cayatte ; il en résulte une brochure qu'ils publient tous deux "  Sauvons la France en Espagne ". Après l'Espagne, il est envoyé à Prague pour rencontrer le président Benès.

La France est en guerre ; engagé volontaire, il se voit signifier une assignation à résidence, considéré comme " propagandiste révolutionnaire ". Finalement, il aboutit à la caserne d'infanterie de Vincennes. L'armistice est signé, Ph. Lamour est à Vichy, " Vichy c'est le ridicule dans la honte. Paris y a vomi toute sa faune faisandée de politiciens, de cabotins, d'affairistes. "

Ph. Lamour s'installe alors à la Fauconnière, dans la métairie d'un château, près de Vichy ; il se fait démobiliser et commence alors, avec sa famille, une rude vie d'agriculteur. Mais " la proximité de Vichy est malsaine " (p. 214). Après l'hiver 1941, il cherche un " nouveau refuge ". Le hasard de ses pérégrinations à bicyclette dans la vallée du Rhône, le Lubéron, le Gard, l'amènent finalement sur le plateau des Costières, à Bellegarde.

La famille Lamour (son épouse Geneviève, son fils Jean-Philippe, sa fille Marianne) s'installe au mas St Louis, au milieu des vignes ; la propriété est acquise grâce à certains biens du beau-père, M. Walter, en Afrique du Nord. Sylvie et Noëlle, ses deux grandes filles, issues de son premier mariage, les rejoindront.

 

Le Mas de la Perdrix  Après avoir assisté à la débâcle de l'armée allemande en Provence, Ph. Lamour participe activement au retour du pays à une vie normale. Avec Jacques Bounin, commissaire de la République à Montpellier, ils effectuent " la visite des départements dépendant de son commissariat de la République. " (p. 266)

En 1945 est constituée la confédération générale de l'Agriculture, il en est le secrétaire général. " Cette initiative de la Confédération a, en dépit de ses avatars, transformé le monde paysan et créé, en France, une nouvelle agriculture. " (p. 271)

Au mois de juin 1945, René Pleven, ministre de l'Economie nationale, m'associa aux travaux du conseil de l'Economie nationale qu'il avait constitué. " A ce conseil succède ensuite le Conseil Supérieur du Plan, car Jean Monnet avait planifié les actions en fonction de l'urgence. La France manque de tout ; Ph. Lamour participe à la mission de préparer, aux Etats-Unis, l'importation de céréales panifiables. " Entre l'action régionale, les séjours à Paris et la conduite de mes activités agricoles, je menais une vie compliquée. " (p. 282) Compliquée par ses innombrables actions pour la région, pour le pays, qui se reconstruisent petit à petit au fil des nombreux remaniements du gouvernement. " A cette époque, je parcourais la Camargue en compagnie d'un jeune ingénieur de talent, Jacques Arrighi de Casanova, pour préparer l'extension de la riziculture. " (p. 299) 1948 : l'aménagement des rizières commence entre la Gran-Mar et l'étang de Vaccarès, avec les moyens du bord, manuellement.

1950 : l'Europe se constitue et Ph. Lamour profite d'une réunion en Suède pour entamer un accord de principe entre agriculteurs allemands et français.

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2) Biographie de Philippe Lamour

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Philippe Lamour a commencé sa carrière tôt, après avoir passé son baccalauréat à quinze ans. Cinq ans plus tard, il est le plus jeune avocat de France.

Étudiant, il s'engage dans le Faisceau de Georges Valois et Jacques Arthuys, premier parti fasciste organisé en France qui se revendique à la fois nationaliste et socialiste. Il publie en 1926 La République des producteurs et y affirme son antiparlementarisme et son régionalisme. Après l'éclatement du Faisceau en 1928, il refuse de suivre Valois et Arthuys au Parti républicain syndicaliste. Il adhère au Parti fasciste révolutionnaire, groupuscule composé d'anciens membres du Faisceau restés fidèles à l'Italie fasciste animé par le docteur Pierre Winter, et devient secrétaire de l'organisation.

Il fonde la revue d'avant-garde Plans en 1930, avec des intellectuels comme Le Corbusier ou Fernand Léger. Il élabore une théorie politique appelé planisme, qui influence la Quatrième République ainsi que la cinquième, où il défend le modernisme et prône dès 1931 une politique énergique et belliqueuse contre l'hitlérisme. Germanophobe, il s'enthousiasme en revanche de la poussée nationaliste-socialiste, censée régénérer la civilisation européenne, et anime une série de conférences ayant pour sujet "La révolution allemande est commencée". Il est membre de l'Association juridique internationale (AJI), et plaide dans plusieurs pays pour elle. En 1936, lors de la campagne pour les élections législatives, il réitère ses attaques contre le parlementarisme et le suffrage universel et se prononce pour "un fascisme intégral : social, économique, policier et judiciaire".

Après la Libération, il s'engage « au service du redressement de la France » : il devient l'adjoint de Jacques Bounin, Commissaire de la République à Montpellier. Il est élu secrétaire général de la Confédération générale de l'agriculture. Il entre au Conseil national du Crédit et à l'Organisation des Nations unies pour l'Agriculture. Ces expériences (notamment en Italie) lui inspirent un grand projet de développement économique et il participe à la renaissance de la Camargue par la riziculture.

À partir de 1955, Philippe Lamour est le président de la Compagnie nationale d'aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc où il entreprend une œuvre d'envergure dans le domaine de l'irrigation. Le canal du Bas-Rhône Languedoc, amenant l'eau du Rhône vers le sud du département du Gard et l'est du département de l'Hérault depuis les années 1960, sera rebaptisé canal Philippe-Lamour en mémoire de son œuvre.

C'est à la suite d'un projet élaboré par lui en 1962, alors qu'il présidait le Conseil supérieur de la Construction qu'est engagée la politique d'aménagement du territoire de la Ve République. A la présidence de la Commission Nationale de l'Aménagement du Territoire, il joue un rôle déterminant dans la mise en œuvre du plan d'aménagement du territoire de 1962 et dans la création de la DATAR en 1963. En 1965 il est élu maire de la commune de Ceillac, Hautes-Alpes. Philippe Lamour dirige à la télévision une émission sur l'aménagement du territoire intitulée "60 millions de Français". C'est sous le même titre qu'il publie en 1967 un livre retraçant cette vaste expérience. Il reste à la DATAR jusqu'en 1974. Hors de France, il est consultant du Fonds spécial des Nations unies pour les pays d'Afrique et d'Amérique du Sud, et la Compagnie du Bas-Rhône s'est vu confier des travaux à l'étranger, notamment en Algérie et en Roumanie.

 Bibliographie:

La République des producteurs 1926,

Entretiens sous la Tour Eiffel 1929 (Renaissance du Livre),

L'affaire Seznec 1931 (Éditions de la Province),

Un dur avec André Cayatte 1934 (Nouvelles Éditions Latines),

L'affaire Peyrières avec André Cayatte 1934 (Nouvelles Éditions Latines),

Un monstre avec André Cayatte 1935 (Nouvelles Éditions Latines),

La peau des autres 1936 (Baudinière),

60 millions de français 1967 (Buchet/Chastel),

Prendre le temps de vivre avec Jacques de Chalendar 1974 (Le Seuil),

L'écologie, oui, les écologistes, non 1978 (Plon),

Le cadran solaire, 1979 (Robert Laffont),

Les quatre vérités, 1981 (Robert Laffont) .

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