D'ar Sul 3 a viz Genver 2016.

Demat d'an holl

Voici mon cadeau de noël, l'album "TAN AR BOBL" des Ramoneurs de menhirs.

 

Ô, quelle ne fut ma surprise!

Les ramoneurs y présentent les Queffelec sous deux formes:

 

La naïve "bécassine", revisitée en punk. Naïve vous dites ?

Une contine du pays pagan "son ar gewier". Traditionnel vous dites ?

 

J'ai adoré la musique déchaînée de ces garçons. Puissent ils continuer leurs créations encore longtemps.

Pour notre bonheur, pour notre vigoureuse culture, pour notre fierté....

Bravo à eux.

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Plan de l'article:

 

1) Bécassine punk, la contine traditionelle

2) L'album

3) Chronique de VANARKH

4) La Magic Box (LMB) Webzine pop rock

 

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1) Bécassine punk, la contine traditionelle:

 

Me moa gwelet ur hefeleg !                                    Ur hefeleg

                                                      

et

 

Bécassine à peine moins timide qu'à l'accoutumée !!!!!

 

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2) L'album:

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3) Chronique de VANARKH:
 

Inutile de le cacher, je suis résolument fan du punk breton pratiqué par Les Ramoneurs de Menhirs. Ce qui me plait chez eux ? – leur façon de rendre le patrimoine celtique breton bien vivant via les instruments traditionnels ; – les riffs punks, basiques mais fédérateurs, réminiscence de Bérurier Noir, groupe frondeur qui a accompagné mon adolescence ; – le côté dansant de la boite à rythme comme liant efficace entre punk et musique bretonne ; – leurs idées militantes altermondialistes à contre-courant (« c’est en allant à contre-courant qu’on remonte à la source » dit le slogan). Quatre longues années après le brillant Amzer an Dispac'h, leur 3ème album reste fidèle à cette identité. Il va toutefois un petit peu plus loin, marquant une certaine maturité tout autant qu’une volonté sensible d’explorer d’autres horizons. Comme Loran nous le disait déjà en 2012 (lire ici), c’est l’album de l’ouverture.

Après « Le Temps de la Révolte » (traduction de Amzer an Dispac'h), Les Ramoneurs de Menhirs poursuivent leur lutte avec Tan ar Bobl soit le « Le feu du Peuple » en breton. Ce titre d’album est un double clin d’œil. D’abord, au concours du Kan ar Bobl, qu'ils ont remporté en 2008 dans la catégorie « Groupes de musique » [note : le Kan ar Bobl est un concours créé en 1973 à l'initiative du Festival Interceltique de Lorient qui a pour but de conserver et transmettre le patrimoine musical des différents « pays » de Bretagne]. Ensuite, ce nom est dédié aux peuples des minorités opprimées. Comme l’a expliqué Loran, ils avaient la volonté de faire l’album « du ralliement des peuples en résistance partout dans le monde » pour montrer « combien les minorités culturelles sont toutes liées entre elles dans une même lutte contre le rouleau compresseur de la mondialisation ».

Lor’ann nous disait aussi que lorsqu’on est bien ancré dans ses racines, on est plus ouvert aux autres cultures. C’est tellement vrai. Tan ar Bobl illustre cette ouverture au monde, en particulier avec les titres « Ni Veway », « Exarhia » et « Azawad Dieub ». « Ni Veway » revisite un chant traditionnel kabyle avec la voix d’Omar, un de leurs potes de Lorient, en le liant à une mélodie du poète breton Youenn Gwernig. Cette mélodie me rappelle plus Cruachan et l’Irlande voire l’Ecosse et ses cornemuses que les terres du Maroc mais aussi étonnant que cela puisse paraître, ça fonctionne. « Exarhia » est un hommage à la Grèce (où Loran a des origines). L’exploration n’y est pas que géographique, elle est aussi musicale car la boite à rythme y est un peu différente. Je dirais que ça fait un peu plus industriel (du moins au début). C’est clairement moins dansant, cela ouvre une perspective intéressante aux Ramoneurs pour apporter de la variété à leur style. « Azawad Dieub » lorgne du côté du peuple touareg avec Ibatan comme invité pour poser son chant en arabe. Pas étonnant dès lors que la bombarde et le biniou sonnent orientaux. Le pont est fait entre les deux cultures ancestrales. Ce n’est pas mon morceau préféré car il est moins dansant (c’est toujours mieux quand la boite à rythme apporte de la pêche) mais j’apprécie de les voir sortir de leurs schémas classiques.

Que les aficionados se rassurent, Tan ar Bobl propose encore tout ce que les Ramoneurs font de mieux. Dès les premières secondes de « Son ar Gewier », on retrouve le jeu typique de Loran soutenu par sa boite à rythme et entrainé par les mélodies d’Eric Gorce et Richard Bévillon. Pour que les choses soient bien claires, une bombarde est un instrument à vent de la famille des hautbois qui est traditionnellement associée au biniou (le mot breton pour désigner une cornemuse) pour former ce qu'on appelle un couple de sonneurs.

Les sonneurs de Lorient sont toujours au top mais j’avoue coincer un peu sur le chant. En 2014, Maurice Jouanno, le seul chanteur au monde à monter sur scène en charentaises, a quitté le groupe pour des raisons de santé. Il a été remplacé par Gwenaël Kere. Ce changement fait partie de l’évolution des Ramoneurs sur ce troisième album et explique peut-être aussi le retard pris pour sa sortie. Sans doute a-t-il besoin de trouver sa place ou est-ce simplement son style, Gwenaël me semble moins à l’aise, son débit est moins fluide. J’ai aussi parfois l’impression que l’utilisation du breton passe moins facilement alors qu’avant je n’y avais jamais vraiment fait gaffe. C’est particulièrement vrai dans les couplets de « Ni Veway » ou dans « Exarhia ».

Cela étant dit, « Pussy Riotal » est simplement parfait, même le chant, à la fois bien traditionnel et punk. Le titre parle pour lui quant à la thématique abordée. Pas de baisse de régime avec « Hir ew Geniñ ». C’est peut-être bien l’un des titres les plus traditionnels qu’ils ont pu faire rien qu’avec le chœur et la mélodie vocale du début. Le refrain donne presqu’envie d’apprendre le breton pour chanter avec eux et comprendre que les paroles flinguent le machisme et promeuvent l'ouverture à toute forme d'orientation sexuelle.

L’ode au pommier, et donc au cidre breton, qu’est « Ar We'enn-Avalow » surclasse tout grâce à la présence au chant de Louise Ebrel. Invitée depuis le premier album des Ramoneurs, cette dame à l’âge respectable de 84 ans dégage vraiment quelque chose. Son chant breton colle aussi bien aux rythmes punks qu’à une gavotte de l'Aven revisitée telle que « Ar Paotr Disoursi ». Les paroles de ce titre font référence aux enfants terribles, ceux qui refusent d'entrer dans le moule. Quelle modernité, quelle ouverture d'esprit madame Ebrel ! Celui qui adhèrera à ces deux morceaux imprégnés de pur folklore breton grâce à Louise Ebrel, aimera tout l’album.

L’appel au voyage et à l’ouverture sur le monde est aussi présent dans le choix des reprises de traditionnels punks, un exercice incontournable chez les Ramoneurs de Menhirs. Pour suivre le fil rouge de l’album, le choix s’est naturellement porté sur des titres parlant d’autres choses que la France. On retrouve donc l’hymne emblématique des Bérus, « Ibrahim », chanté ici par Loran. Reprenant un texte du poète palestinien Mahmoud Darwich, il est encore d’une effroyable actualité 30 ans après. Rien n’aurait-il changé qu’on doive encore chanter pour la paix au Moyen-Orient ? L’adaptation avec bombarde et biniou ne déforce pas le morceau. Il y trouve une autre dimension, pas meilleure ou moins bonne, juste une autre perspective. C’est le même constat pour « Makhnovtchina » déjà joué à l’époque par Bérurier Noir. Pour la petite histoire, Makhnovtchina est le nom de l’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne qui a combattu de 1918 à 1921 durant la guerre civile russe. Elle tire son nom de l’anarchiste ukrainien Nestor Makhno. Il voulait combattre aussi bien les Blancs, tsaristes et anti-bolchéviques, que l’Armée Rouge. Pour les anarchistes, la Makhnovchtchina reste un symbole du combat pour un communisme non autoritaire. L’histoire se répète. Aujourd’hui encore la Makhno serait bien utile pour qu’« à travers toute l’Ukraine se lèvent des partisans ». Enfin, les Ramoneurs réhabilitent par chez nous un groupe punk d'outre-manche : The Adicts. Chanté en anglais par Richard épaulé par Laurent Mass, « Viva la Revolution » est sans conteste un hymne punk qui supporte également très bien l’arrangement et la présence des sonneurs.

Dernière preuve de l’ouverture du groupe et de son large capital sympathie, il est officiellement programmé au Hellfest le 21 juin 2015. A côté de Mayhem, Shining ou Enthroned, ça va détonner mais je suis persuadé qu’ils arriveront à ouvrir les esprits et faire danser même les plus réfractaires. Car les Ramoneurs de Menhirs s’apprécient avant tout en concert. Le talent génial qu’ils ont pour mélanger le folklore millénaire avec l’esthétique et la hargne du punk est unique en son genre. Une musique traditionnelle ainsi dépoussiérée et modernisée à coups de guitare saturée est réellement communicative. Les Ramoneurs de Menhirs donnent une envie irrépressible de lever le poing et de se lancer dans une gavotte endiablée.

 

 

Tracklist :

    1. Son ar Gewier 2. Ni Veway 3. Ar We'enn-Avalow 4. Ibrahim 5. Exarhia 6. Pussy Riotal 7. Hir ew Geniñ 8. Azawad Dieub 9. Viva la Revolution 10. Makhnovtchina 11. Ar Paotr Disoursi

 

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4) La Magic Box (LMB) Webzine pop rock:

 

LES RAMONEURS DE MENHIRS

 

Nous les avions vu au Festival Watts A Bar début septembre, et c’est avec plaisir que nous retrouvions nos punks bretons. Ils étaient à St Nazaire la veille au soir et ont parcouru 800 bornes pour être présents ce soir Chez Paulette. C’est pour cette raison que les balances ont été faites en direct, juste avant le concert. Il est 23h45 quand débute le set des Ramoneurs de Menhirs, fiers d’être dans les terres de Papa Schultz ! Les Ramoneurs chantent pour la Lorraine libre ! Ils prennent possession de la scène et les premiers sons de bombarde et de biniou sont lancés avec « Son Ar Gewier ». Toujours dans la langue bretonne, « Menez Daou » et « Dañs Gwadek 1 » seront proposés. Loran communique pas mal entre les morceaux. Les choses ont changé, tous les concerts seront un acte de résistance ! avant d’entonner « La Jeunesse Emmerde Le Front National ». S’enchaîneront ensuite « Hir Ew Genin » et « Azawad Dieub » avant de balancer « Oy Oy Oy », chant pour l’indépendance du pays. Le cri de la Lorraine en colère ! On est un peu en retard au niveau des horaires…

 

Les Ramoneurs de Menhirs 2015 1

 

« Nomades » de Ze6 sera alors le premier titre chanté « en français ». Ce morceau sera dédicacé à tous ceux qui se démènent pour les concerts. L’esprit d’insoumission est toujours là et le show continuera avec « If the Kids Are United » de Sham 69. Quand la jeunesse est unie tout est possible ! C’est « Marijanig » qui sera alors présenté avant « Bella Ciao ». Pour une Lorraine équitable et métissée. Merci beaucoup ! Nous aurons droit 5 minutes de Béru avec « Ibrahim » avec une spéciale dédicace au poète palestinien Mahmoud Darwich, puis « Vive Le Feu » où Niko des Tagada Jones viendra chanter. Le temps de faire les remerciements, pour la 38ème année de concerts, vous êtes toujours là, ça fait plaisir ! Nous aurons « La Blanche Hermine » et « Viva La Revolution » pour nous emmener tout doucement à la fin du set. La foule a été happée par ce mélange musical de punk celtique où Les Ramoneurs auront glissé de façon régulière des petits messages revendicatifs. Un seul mot d’ordre : insoumission !

 

Les Ramoneurs de Menhirs 2015 2

 

Avec un ensemble flirtant entre le rock et la musique traditionnelle bretonne, la boîte à rythme et la guitare de Loran font mouche. Depuis 2006, la distorsion saturée de la guitare se mêle aux timbres aigus des instruments traditionnels. Loran, figure emblématique de la scène alternative des années 80 avec Bérurier Noir, place le lien entre le punk rock et la musique traditionnelle bretonne dans un même esprit d’insoumission. Militants altermondialistes actifs, grands défenseurs de la culture bretonne, ils réveillent l’esprit d’une Bretagne Libre. Leur premier album, Dañs An Diaoul (« La Danse Du Diable ») est produit en 2007 . En avril 2010, ils sortent un second album, Amzer An Dispac’h (« Le Temps De La Révolte »). En 2014, c’est Tan Ar Bobl (« Le Feu Du Peuple ») qui verra le jour. Le message de Loran est clair : « il faut résister tant qu’on est encore vivant. Après ce sera trop tard ! »

 

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Les Ramoneurs De Menhirs :

 

Éric Gorce à la bombarde

Richard Bévillon au biniou

Gwénaël Kere au chant

Loran à la guitare

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