D'ar Sadorn pevar warn ugent a viz Meurzh 2018

Demat d'an holl

 

J'ai rencontré Koulizh Kedez l'été dernier chez lui à Saint-Coulitz à Guivin. Gwivin, c'est le néméton - an nevedenn.

Ses parents y possédaient là, une ferme, des terres.

Koulizh choisit de n'en garder que les dépendances, et s'y aménagea un logis plus humble et plus rustique que la maison familiale.

Là où, au rez-de-chaussée son père abritait les cochons et à l'étage, les poules.

"Les pères parlaient de pourpej (le terme affectif) / pourpez, du pourpris pour dénommer la maison familiale. Les dépendances, à Gwivin se dénomment: krevier kozh, karrdi nevez, marchosi, kav ..."

Gwivin est un lieu de liberté, où l'on peut être soi-même, se mettre à l'écart des règles du jeu auquel on n'aspire pas se soumettre.

Gwivin est un lieu de création pour Koulizh, création dans la tête tout en travaillant à son élevage, puis le calme revenu, se remémorer, mettre en ordre, améliorer et coucher sur le papier textes et poésies... 

"Il s'agit d'affirmer la liberté contre le routinier, le policier, le bâillon de la bien-pensance; contre la loi résultant de la force (c'est sa matrice), produite par une modalité de la domination. Il s'agit aussi de l'éternelle lutte de la lumière - l'aspiration au soleil - contre les ténèbres - l'obscur qui nous enlace".

 

Koulizh, chaussa ses bottes et nous partîmes par des chemins devenus improbables.

Koulizh me raconta la vie à la ferme, ses parents, les arbres, les roches, les sentes, la rivière, les plantes et les fleurs.

Gwivin aujourd'hui, s'ensauvage.

Alors qu'auparavant tout était utile à la vie et donc soigné et entretenu, aujourd'hui dames mécanisation et rentabilité ne se préoccupent guère des terres trop pentues, trop humides, trop enrochées, ...

La nature reprend ses droits là où l'homme a baissé les bras.    

 

Tranquillement nous sommes revenus chez Koulizh, avons bu le café et parlé de sa vie, d'érudits, des Bretons du pays de Retz, ceux de Paris, du kefir (boisson mongole, littéralement “algue de thé” en russe), des "bretonnades" de Saint-Denis, de linguistique...

Assis autour d'une table de jardin au carrelage bigarré, sous la douce chaleur d'un soleil généreux, nous continuâmes notre promenade, cette fois-ci dans le temps.

Pour être un auteur, il faut créer une langue nouvelle, subvertir la grammaire, les mots. Koulizh pratique l'amphybologie pour enricher les sens, provoquer le questionnement.

 

Sous le terme de "breton", nous entendons trois langues; nous - K. K. - sommes trois langues.

 

1) la langue première, "de la tribu", "des gens", des ancêtres (père, mère, oncles, grands-parents, voisins ...) - yezh va zud (cf. mon livre). Fort malmenée aujourd'hui. "Ha gwerzhet eo bet ho kezeg ganeoc'h ?" me demande mon voisin frappé d'amnésie. Quelques anciens ... qui l'oublient de plus en plus. L'effacement est sa poignante destinée. (Un souffle de la Création qu'on assassine). Cette langue est l'esprit vivant de mon écriture - le ferment. (C'est la langue de l'enfance, du partage, de l'amour - de la vie.)

 

2) la koïné - ar c'henvrezhoneg. Partage minimal avec lettrés, semi-lettrés, étrangers de chez-nous. Celle de l'enseignement, de "l'administration", du "social". C'est le même, l'oppressif - la méconnaissance. L'on communique.

 

3) ma langue de création - sans laquelle il n'y a pas d'écrivain, de nouveau. Elle subvertit effectivement les formes pour mieux les affirmer. Il s'agit de connaître (savoir la structure, la syntaxe et l'usage) - de préciser les sens, de restituer l'esprit, l'image et la musique. Jamais un poème, une nouvelle, un récit ou un livre ne doivent reproduire un schème ancien, déjà pratiqué, épuisé. (C'est le seul hommage possible aux poètes "qui furent avant").

 

Koulizh avait à nouveau soigneusement préparé notre rencontre et me présenta ce qu'il avait collecté pour compléter notre échange précédent du mois d'avril à Morlaix.

C'est cela que  je présente ci-après dans cette article "partie 3".

 

Le temps s'écoule toujours trop vite pour les passionnés.

Et le temps a ses bornes, rappelé à l'ordre par mon épouse pour le repas du midi, il fallut mettre un terme à l'entrevue.

Nous nous  séparâmes sur une autre création de Koulizh, non moins poétique que les précédentes et qui plus est, a du parfum et de la saveur.

 

Merci pour ce nouvel échange enrichissant, ce fut un réel grand plaisir.

Un grand bravo pour l'ensemble de votre oeuvre, pour votre combat pour notre langue bretonne et pour la poésie

Trugarez vras Koulizh

Youenn ar C'heveleg

Yac'h

 

 

Les précédents articles relatifs au poète:

Koulizh Kedez, un catalogue de ses oeuvres [Souche Pleyben Manoir du Birit]

Koulizh kedez, poète [Famille Pleyben manoir du birit]

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Pour en savoir davantage sur le blog dédié à notre patronyme, cliquer que le lien suivant:

 

Liste des articles du blog Queffelec a-drak

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Plan de l'article:

 

1) Lignée patrilinéaire

2) Guivin en Saint-Coulitz

3) Ouvrages de linguistique (complément à l'article précédent)

4) Ouvrages de Koulizh (complément à l'article précédent)

5) Filmographie

6) Spectacles, lectures, revues de presse

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1) Lignée patrilinéaire:

 

Le village d'origine attestée des ancêtres Queffelec de Koulizh se situe au Manoir du Birit en Pleyben. Voici ce qu'en dit Koulizh:

Remarquable est le nom du seigneur de Maner ar Birid, Kerberenez.
Il correspond au nom du lieu : pirid, pereg, perenneg - mots féminins.
Avec une terminaison - dibenn-anv ls. - ancienne pour le pluriel -ez cf. kb. -ydd, -edd, -oedd  sl. krbr. nyez : neveux G.310 (e-kichen nyed G.26O).
De nos jours, perenned : poiriers, perennoù : poires.
Amphibologie avec un i.

 

Légende:    ° = naissance, x = mariage, + = décès, # = date approximative

 

Koulizh Kedez est le fils de:

Yves Marie x Marie-Julienne GUEDES (° 17/4/1911 à Briec Quilianou, x 29/12/1946, + 7/1/1994 à Quimper transcrit à St Coulitz) d'où 2 enfants, fils de:

Jean René x Marie MEVELLEC (°16/4/1870 à Briec Tregague, x 5/7/1896 à Briec, + 11/12/1949 à Landrevarzec, ont vécu à Trobois en St-Coulitz) d'où 11 enfants, fils de:

René Joseph x Marie Jeanne NIGER (°5/5/1841 à Edern K/nabadic, x 21/5/1866 à Landrevarzec, + 27/4/1917 à Briec) d'où 12 enfants, fils de:

Guillaume x Françoise Louise LE MENN (°7 frimaire an XIII à St Thois Lesren, x 6/6/1828 Edern, + 1/6/1843 à Edern K/nabadic) d'où 7 enfants, fils de:

Guillaume Le Queffelec x Françoise L'HARIDON (° 29/5/1785 à St Thois Lesren, x 11 Vendémiaire an XII à St Thois Lesren, + 22/4/1809 à St Thois Lesren 24 ans) d'où 2 enfants, fils de:

Yves Le Queffelec x Marie Yvonne LE DUIGOU (°14/9/1755 à St Thois K/burit, x 6/2/1782 à St Thois, + 19/6/1824 à St Thois Lesren) d'où 11 enfants, fils de:

Guillaume Le Queffelec x Julienne GUEGUEN (° # 1735, x 18/2/1756 à St Thois, + 26/4/1807 à St Thois Lesren) d'où 6 enfants, fils de:

Jean Le Queffelec x Catherine LE CAUGANT (° # 1702, x 6/7/1730 à Gouezec, + 27/2/1777 à St Thois K/logan) d'où 7 enfants, fils de :

Guillaume Le Queffelec x Anne LE GOURLAY (° # 1670, x # 1695, + >= 1726) d'où 7 enfants au moins, fils de :

Guillaume x Anne PAIGE (° # 1639, x 27/11/1659 à Pleyben, + 19/3/1699 à Pleyben Manoir du Birit) d'où 7 enfants, fils de:

? x ?

 

A ce mariage "Maître" Louis Queffelec est témoin.

La famille de Koulizh est donc apparentée à celle des notaires royaux de Pleyben.

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2) Guivin en Saint-Coulitz

 

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Le cours du ruisseau, affluent de l'Aulne, en direction de Châteaulin vers le nord-ouest:

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Le même ruisseau en direction du sud-est, vers sa source:

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Le chemin creux, travail de l'homme:

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On approche du village du Guivin:

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Par l'arrière, l'accès au bureau-chambre:

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 L'intérieur du gîte, un bureau, des livres, un lit et une belle lumière aérienne:

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3) Ouvrages de linguistique (complément à l'article précédent)

 

A la recherche de l'origine de notre patronyme "Queffelec"

 

Deux manuels d'apprentissage du gallois par le breton:

pages où l'on trouve des mentions de ceffyl = marc'h.

"geffyl" est la forme mutée par adoucissement de ceffyl (après certains mots particuliers).

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4) Ouvrages de Koulizh (complément à l'article précédent)

 

3 ouvrages auxquels Koulizh a contribué:

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Le Musée des Beaux-Arts de Rennes cite Koulizh Kedez à plusieurs reprises in "La Muse Bretonne" (juin 2000):

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5) Filmographie

 

Films de la fin des années 1980, d'après des scenarii tournés par Franco Calafuri (décédé à Rennes le 5 mai 2016)

- Krovidigezh ar yezh nevez (la création de la langue moderne), durée 35 minutes

   Note de K. K. : Krouidigezh ar yezh nevez a été tourné deux fois, la vingtaine de bobines du premier film ayant été égarée.

- Ar marc'heg glas (le cavalier bleu) durée 20 minutes

  Note de K.K. :Ceci en référence au mouvement artistique moderniste d'inspiration expressioniste Der blaue Reiter (Munich, 1911) avec Kandinski,

  Macke ... et Franz Marc, qui peignit un tableau intitulé ainsi.

- An diavaeziad (l'étranger) durée  25 minutes

  Note de K. K. :An diavaeziad a été diffusé à quatre reprises (à midi), la dernière avec sous-titrage en français.

 

Film de la fin des années 1980, tournés par Muller (alsacien)

- Gorsez digor (l'assemblée des druides)  durée 1 heure

  Note de K. K. : Koulizh y joue le grand-druide, il est présent à l'écran toute une heure.

 

Micro-trottoirs (Propriété FR3)

- Kamera fri-furch, durée de 5 à 10 minutes

 

Tournés en Bétacam (format d'enregistrement vidéo professionnel sur bande magnétique)

Plusieurs dizaines de micro-trottoirs ont été filmés.

Exemple: Kamera fri furch : Digouezet eo ho Karr nevez gant ar paotr Marsel

Koulizh déguisé en mendiant, en chercheur d'or, en rabin, en émir du golfe, etc.

 

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6) Spectacles, lectures, revues de presse

 

Note de K. K. : Lectures par ex. dans des bistrots de campagne (Caplan, Kermoroc'h ...), sur la place du Capitole à Toulouse, dans des théâtres bien sûr, dans des centres culturels et religieux ...

 

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